Le formulaire ci-dessous va comparer le barème du ministère de la Justice à une méthode plus fine et rigoureuse qui tient compte de toutes les ressources, de toutes les charges, du temps de garde réel, des frais payés par chacun et de l'impôt. (Temps nécessaire : environ 10 minutes) Mettez votre téléphone à l'horizontale pour une meilleure expérience.
Analyse de votre situation
Comment le calcul fonctionne ?
Pourquoi un calcul juste. Fixer ou réviser une pension alimentaire crée souvent de vives tensions entre les parents, et les limites des barèmes et des simulateurs des services de l'État les attisent. Ces tensions retombent sur l'enfant, mêlé de près ou de loin au différend. Chaque difficulté de communication, pratique ou financière, le perturbe et peut le placer au cœur d'un conflit parental, avec des conséquences sur son développement et son équilibre à court, moyen et long terme. Un calcul fiable, transparent et argumenté doit donc remplacer les barèmes imprécis et les décisions parfois arbitraires.
Les besoins de l'enfant. Ils varient selon plusieurs facteurs : le niveau de vie de la famille, l'âge de l'enfant, son état de santé, la nature de sa scolarité (école publique ou privée, études supérieures ou non), ses activités et ses habitudes familiales (sport, musique, art…). Le calculateur les prend en compte à travers le niveau de vie du foyer réuni, le niveau d'étude de chaque enfant, la majoration en cas de handicap et les frais spécifiques réellement payés.
Barème officiel. On retire du revenu du parent débiteur un minimum vital égal au RSA d'une personne seule (651,69 € depuis le 1er avril 2026), puis on applique un pourcentage par enfant qui dépend du nombre total d'enfants du débiteur et du mode de garde. C'est la référence que la plupart des juges aux affaires familiales consultent, mais c'est un barème qui ne mesure pas la réalité : trop bas pour les petits revenus, trop élevé pour les hauts revenus. Il applique en effet un pourcentage fixe à tout le revenu du parent débiteur, une fois le RSA déduit, sans tenir compte de ses charges réelles, de la part de ses revenus qu'il épargne, ni des revenus de l'autre parent. Pour un petit revenu, la déduction forfaitaire du RSA ne couvre pas les dépenses incompressibles, alors que le coût réel d'un enfant reste élevé. Pour un haut revenu, le pourcentage s'applique aveuglément alors que les dépenses consacrées à un enfant n'augmentent pas au même rythme que les revenus.
Les deux parents contribuent. Les méthodes fondées surtout sur les revenus du parent débiteur peuvent aboutir à des absurdités où l'autre parent ne contribue plus, ou presque plus, à l'entretien et à l'éducation de l'enfant. C'est particulièrement vrai quand le débiteur gagne nettement plus que le parent qui reçoit la pension : celle-ci devient en réalité une prestation compensatoire déguisée. La pension peut légitimement atténuer un écart de revenus trop important, pour que l'enfant ne change pas brutalement de niveau de vie en passant d'un foyer à l'autre. Mais son montant ne doit jamais dispenser le parent qui la reçoit de participer lui aussi aux dépenses de l'enfant au prorata de ses ressources. La méthode fine répond à ce principe : chaque parent finance une part des besoins proportionnelle à sa propre capacité contributive.
Méthode fine (sources détaillées dans le rapport PDF)
Coût de vie courante de chaque enfant : sa part du niveau de vie qu'aurait le foyer réuni, les deux adultes comptant pour 1,5 unité de consommation. Seule la part consommée de ce niveau de vie est retenue. Le taux d'épargne suit celui mesuré par l'INSEE par quintile de niveau de vie (INSEE Première n° 1815, données 2017) : de 2,7 % pour les 20 % les plus modestes à 28,4 % pour les 20 % les plus aisés, avec une interpolation entre les quintiles et des revenus revalorisés de 19,5 % selon l'indice des prix à la consommation de l'INSEE (moyenne 2017 : 101,22 ; moyenne 2025 : 120,95). Ce niveau de vie consommé est plafonné au seuil des 10 % les plus aisés (9e décile du niveau de vie, 48 580 € par an en 2024 selon l'INSEE), soit 4 048 € par mois et par unité de consommation. Chaque enfant compte selon son niveau d'étude : 0,46 en petite enfance, 0,41 en maternelle, 0,32 en primaire, 0,24 au collège, 0,42 au lycée et 0,46 pour un alternant ou un jeune adulte. Ces coefficients suivent le profil en U du coût de l'enfant mesuré par l'INSEE (H. Martin, Économie et Statistique n° 491-492, 2017) : élevé avant 5 ans, plus faible entre 10 et 14 ans, de nouveau élevé à partir de 15 ans. Conversion des tranches d'âge de l'étude en niveaux scolaires : petite enfance (0-2 ans) et maternelle (3-5 ans) reprennent la tranche « moins de 5 ans » (32 %), la maternelle étant légèrement réduite pour tenir compte de l'année de 5 ans (22 %) ; le primaire (6-10 ans) reprend la tranche 5-9 ans (22 %) ; le collège (11-13 ans) la tranche 10-14 ans (17 %) ; le lycée et le niveau jeune adulte les tranches 15-19 ans (29 %) et 20-24 ans (32 %). Ces proportions sont ensuite multipliées par un facteur unique de 1,44, choisi pour que la moyenne de 0 à 19 ans soit celle de l'échelle OCDE modifiée retenue par l'INSEE (0,3 avant 14 ans, 0,5 ensuite, soit 0,36 en moyenne). Un seul facteur conserve exactement les écarts entre âges mesurés par l'étude : un lycéen coûte ainsi 1,7 fois plus qu'un collégien (29 % contre 17 %). Les intervalles de confiance de l'étude sont larges : ces coefficients indiquent une tendance plutôt qu'une mesure précise. La petite enfance est plus coûteuse (couches, lait, vêtements renouvelés souvent, équipement). Le niveau alternant et jeune adulte reprend la tranche 20-24 ans de l'étude ; les dépenses propres à cet âge qui la dépassent (logement étudiant, permis, frais d'études) sont à déclarer dans les frais spécifiques. Les frais de crèche ou d'assistante maternelle sont à déclarer dans les frais spécifiques.
Les revenus propres d'un enfant (alternance, job étudiant, bourse) sont déduits de sa vie courante, sans pouvoir la rendre négative.
Dépenses liées au séjour ou non. Comme les méthodes Hobin et Contriweb, le calcul distingue deux sortes de dépenses. La part liée au séjour est calculée à partir de la structure de consommation des ménages mesurée par l'INSEE (enquête Budget de famille 2017). Les postes qui dépendent du temps passé chez chaque parent, transports (16,4 %), logement et énergie (16,3 %), alimentation (16,1 %), loisirs et culture (9,4 %), restauration (7,2 %), représentent 65,4 % de la consommation. Les postes qui n'en dépendent pas, biens et services divers comme l'hygiène, le coiffeur et les assurances (15,8 %), équipement et mobilier (5,7 %), habillement (5,0 %), communications (2,7 %), santé (1,8 %), en représentent 31,0 %. Hors alcool, tabac et enseignement, la part liée au séjour est donc de 68 % : elle se répartit selon le temps de garde, vacances comprises. Les 32 % restants sont attribués au parent qui les paie, par défaut le parent de résidence, ou à parts égales en résidence alternée.
Handicap. Le surcoût lié au handicap d'un enfant est estimé à partir du barème officiel de l'AEEH, qui le gradue selon les besoins de l'enfant : 153,01 € par mois pour l'allocation de base, plus un complément de 114,76 € (1re catégorie) à 1 298,44 € (6e catégorie), montants au 1er avril 2026. La catégorie est celle fixée par la CDAPH de la MDPH. L'AEEH effectivement perçue est déduite du coût de l'enfant, comme les allocations familiales.
Allocations familiales. Comme dans toutes les méthodes belges étudiées par la Ligue des familles, elles ne s'ajoutent pas aux revenus du parent qui les reçoit : elles sont destinées à l'enfant et sont déduites de son coût avant le partage entre les parents.
Besoin net à financer par les parents = vie courante + frais spécifiques − allocations familiales − AEEH.
Chaque parent doit en financer une part proportionnelle à sa capacité contributive : ressources (y compris un rendement prêté à l'épargne) moins charges contraintes moins minimum vital.
On déduit ce que chacun paie déjà : la vie courante au prorata des nuits, une journée de vacances comptant 1,2 fois une journée d'école. C'est une hypothèse volontairement prudente : en période scolaire, l'enfant prend deux repas à la maison (le déjeuner à la cantine est compté dans les frais spécifiques), contre trois en vacances, ce qui justifierait un coefficient de 1,5 pour l'alimentation seule ; le logement et l'énergie, eux, coûtent à peu près autant chaque jour. L'année scolaire compte au moins 36 semaines (article L521-1 du Code de l'éducation), soit 16 semaines de vacances, partagées par moitié sauf en droit de visite réduit. En garde classique (un week-end sur deux et la moitié des vacances), le parent non résident a environ 36 nuits de week-end et 56 nuits de vacances, soit 92 nuits sur 365 : c'est la valeur de 25 % proposée par défaut, et les frais qu'il règle lui-même. Le solde est la pension.
Le calcul prend en compte les cas où chaque enfant peut avoir son propre mode de garde : la vie courante, le barème et la déductibilité fiscale sont calculés enfant par enfant, puis additionnés.
La pension est calculée enfant par enfant, puis additionnée. Les frais spécifiques sont répartis entre les enfants au prorata de leurs unités de consommation. Fiscalement, chaque contribution est traitée séparément : celle due pour un enfant qui n'est pas en résidence alternée est déductible pour le parent qui la doit et imposable pour celui qui la reçoit, même si les contributions des différents enfants se compensent en un seul versement. Le coût et le gain réels sont calculés en refaisant l'impôt de chaque parent avec et sans pension.
Charges de logement. Elles sont indicatives : la vie courante des enfants, calculée avec l'échelle INSEE, contient déjà une part de logement. Déduire en plus l'intégralité du loyer de la capacité d'un parent revient à compter une partie du logement des enfants deux fois, notamment la chambre supplémentaire. Pour un résultat plus juste, indiquez plutôt le loyer d'un logement adapté au parent seul, sans les pièces destinées aux enfants ou à d'autres enfants à charge. Si vous vivez en couple, indiquez le loyer total et cochez « Vit en couple » : seule votre part est retenue.
Un parent qui vit en couple voit ses charges communes de logement réduites d'un tiers : selon l'échelle OCDE modifiée retenue par l'INSEE, le conjoint compte pour 0,5 unité de consommation sur les 1,5 du couple.
Les frais de trajet entre les deux domiciles sont ajoutés aux charges de chaque parent.
Pour un enfant majeur à qui la pension est versée directement, la part de pension qui le concerne est déductible pour le parent qui la verse, dans la limite de 6 855 € par an et par enfant (revenus 2025). Elle est imposable chez l'enfant et non chez l'autre parent, et l'enfant n'est plus compté dans les parts fiscales des parents.
Références. Plusieurs mécanismes s'inspirent de l'étude de la Ligue des familles (Belgique, 2021), qui compare les principales méthodes de calcul (Renard, PCA, Hobin, Contriweb, Pareto, méthode empirique) et juge les méthodes PCA et Contriweb les plus équitables. Comme elles, ce calculateur répartit le coût de l'enfant selon la capacité de chaque parent après un minimum vital, déduit ce que chacun assume déjà selon l'hébergement et calcule enfant par enfant. Le droit fiscal belge, différent du droit français, n'est pas repris.
La pension ne peut pas dépasser la capacité contributive du débiteur.
Pas de pension négative. Le parent chez qui un enfant réside à titre principal ne verse jamais de contribution pour cet enfant au parent qui exerce un droit de visite : si le calcul aboutit à un montant dans ce sens, il est ramené à 0.
En résidence alternée, la contribution peut être due par l'un ou l'autre parent.
Impôt. Les ressources sont saisies avant impôt. L'impôt de chaque parent est estimé avec le barème 2026 : abattement de 10 % sur les salaires, parts fiscales selon les enfants à charge (moitié des parts en résidence alternée), majoration de parent isolé (0,5 part, ou 0,25 part si un seul enfant est à charge, en résidence alternée), plafonnement du quotient familial et décote. La méthode fine travaille ensuite sur les revenus après impôt. Hors résidence alternée, la pension versée pour un enfant mineur est déductible du revenu du payeur et imposable pour celui qui la reçoit. En résidence alternée elle n'est ni déductible ni imposable, car les parts fiscales sont partagées. Pour un enfant majeur aidé directement, la déduction est plafonnée (voir plus haut).
Le résultat de notre méthode de calcul se veut le plus juste et équitable possible, en s'appuyant sur les sources qui font référence dans ce domaine, mais il reste indicatif. Un avocat ou un médiateur familial peut affiner l'analyse et, le cas échéant, le juge appréciera librement la situation.
Qu'est-ce que le calcul révèle ?
En comparant pas à pas le barème officiel et la méthode fine, le calcul met en lumière plusieurs réalités que le barème et la plupart des décisions de justice laissent dans l'ombre.
Le barème oublie l'autre parent. À revenu égal du parent débiteur, il donne le même montant que l'autre parent gagne 1 500 € ou 6 000 € par mois. La méthode fine, elle, fait contribuer chacun à proportion de sa capacité, comme le prévoit l'article 371-2 du Code civil.
Chaque nuit compte. Le barème ne connaît que trois modes de garde. Une garde à 40 % n'est pourtant ni une garde classique ni une résidence alternée : la méthode fine répartit les dépenses du quotidien selon le temps réellement passé chez chaque parent, vacances comprises.
Qui paie quoi change le résultat. Cantine, activités, mutuelle, vêtements, téléphone : ce qu'un parent règle directement est déjà une contribution. Le barème l'ignore, la méthode fine le déduit de ce qu'il doit.
La pension est souvent un solde. Calculée enfant par enfant, elle peut être due dans un sens pour un enfant et dans l'autre sens pour un autre. Le montant versé n'est alors que la différence, alors que chaque flux garde ses propres effets fiscaux.
L'impôt pèse parfois autant que la pension. Déduction pour le parent qui verse, imposition pour celui qui reçoit, parts fiscales liées à la résidence des enfants : l'effet fiscal peut dépasser le montant de la pension elle-même et modifier sensiblement le revenu disponible de chaque foyer.
La résidence alternée n'efface pas la pension. Quand les revenus sont déséquilibrés, une contribution reste due, mais elle reflète alors seulement l'écart de capacités, sans effet fiscal. Plus la garde est partagée, moins la pension devient un enjeu de conflit.
L'objectif est le niveau de vie des enfants. Mesuré par unité de consommation, il permet de vérifier que les enfants vivent dans des conditions proches chez chacun de leurs parents. La pension réduit l'écart sans chercher à égaliser le niveau de vie des adultes : elle ne doit pas devenir une prestation compensatoire déguisée.
Le barème se trompe aux deux extrémités. Trop bas pour les petits revenus, dont le minimum vital ne couvre pas les dépenses incompressibles ; trop élevé pour les hauts revenus, alors que le coût d'un enfant n'augmente pas au même rythme que les revenus.
Le calculateur rend tous ces mécanismes visibles et permet aux parents de discuter sereinement de chiffres vérifiables plutôt que d'un montant imposé et arbitraire. L'auteur recommande à chaque parent d'imprimer ce rapport et d'en discuter avec un médiateur familial, afin de valider ensemble un compromis équilibré qui favorisera une coparentalité apaisée, dans l'intérêt des enfants.
Analyse de l'auteur
Voici une estimation du revenu disponible mensuel en incluant les aides sociales familiales. Elle part de ces hypothèses : parent isolé qui a les enfants à charge principale, enfants de 6 à 14 ans, hors APL (trop dépendante du loyer et de la ville) et hors pension alimentaire.
Tranche
Sans enfant
1 enfant
2 enfants
3 enfants
RSA
650 €
1 010 €
1 250 €
1 540 €
SMIC
1 720 €
2 080 €
2 310 €
2 600 €
Médian
2 200 €
2 550 €
2 780 €
3 070 €
Moyen
2 750 €
2 840 €
3 110 €
3 400 €
Aisé
4 350 €
4 350 €
4 500 €
4 700 €
Ce qui compose ces montants (à la date du 1er octobre 2026).
RSA : la majoration pour enfants (978 / 1 173 / 1 434 €) absorbe les allocations familiales, qui sont déduites du RSA. Seule l'allocation de rentrée scolaire s'y ajoute vraiment.
Prime d'activité : c'est le gros levier pour le SMIC (≈ 560 à 600 € par mois avec enfants) et le médian (≈ 220 à 350 €). Elle devient marginale au salaire moyen et disparaît en tranche aisée.
Allocations familiales : 152 € pour 2 enfants, 347 € pour 3, au taux plein pour toutes ces tranches. Rien pour un seul enfant.
Complément familial (3 enfants) : 297 € (majoré) au SMIC, 198 € au médian et au moyen. En tranche aisée, je l'ai considéré comme perdu ; c'est à vérifier.
Allocation de rentrée scolaire : environ 36 € par mois et par enfant, lissée sur l'année, jusqu'au salaire moyen (sauf pour 1 enfant à ce niveau).
Un système très redistributif. Sans enfant, un parent en tranche aisée dispose de 3 700 € de plus par mois qu'un parent au RSA, soit 6,7 fois plus. Avec 3 enfants, l'écart tombe à 3 160 €, soit 3,1 fois plus seulement : les prestations liées aux enfants se concentrent sur les revenus modestes et réduisent fortement les inégalités entre familles.
Ces aides financent directement une partie des besoins des enfants. Il est juste de les traiter comme des ressources et d'en tenir compte dans le calcul de la pension : sinon, l'autre parent paierait une seconde fois des dépenses déjà couvertes par la collectivité. C'est le choix de l'outil : les allocations familiales et l'AEEH sont déduites du coût des enfants, et les autres prestations (majoration du RSA, prime d'activité, complément familial…) comptent dans les ressources du parent qui les reçoit.
Pension juste selon les ressources des deux parents. Le tableau ci-dessous croise les ressources disponibles du parent ayant la garde principale (tableau précédent) et les ressources du parent ayant un droit de visite classique, un week-end sur deux et la moitié des vacances, pour des enfants en primaire. Chaque cellule indique la pension calculée par la méthode fine, en euros par mois, et en dessous l'écart avec le barème officiel.
Pension juste en € par mois(écart avec le barème)
Ressources du parent ayant un droit de visite (week-ends et vacances)
RSA652 €
SMIC1 478 €
Médian2 200 €
Moyen2 750 €
Aisé4 350 €
Ressources du parent ayant la garde principale (aides sociales incluses)
1 enfant
RSA1 010 €
00
220+108
337+128
408+125
563+64
SMIC2 080 €
00
111−1
229+20
301+18
479−20
Médian2 550 €
00
82−30
195−14
271−12
446−53
Moyen2 840 €
00
68−44
180−29
256−27
427−72
Aisé4 350 €
00
12−100
117−92
187−96
346−153
2 enfants
RSA1 250 €
00
253+63
446+90
567+84
854+3
SMIC2 310 €
00
128−62
318−38
437−46
730−121
Médian2 780 €
00
90−100
271−85
389−94
691−160
Moyen3 110 €
00
65−125
242−114
360−123
666−185
Aisé4 500 €
00
0−190
153−203
271−212
553−298
3 enfants
RSA1 540 €
00
221−27
460−4
615−14
1 017−92
SMIC2 600 €
00
108−140
337−127
494−135
869−240
Médian3 070 €
00
67−181
291−173
442−187
819−290
Moyen3 400 €
00
40−208
259−205
408−221
788−321
Aisé4 700 €
00
0−248
146−318
296−333
679−430
Règle : avec l'outil, la pension ne peut pas être négative. Quand le calcul conduirait le parent ayant la garde principale à verser une contribution au parent ayant un droit de visite, elle est ramenée à 0 €.
Ce qui ressort de ces tableaux.
Ces tableaux montrent que le barème et les pensions qu'il inspire sont mal adaptés.
Elles sont trop basses dans environ 13 % des cas : lorsque le parent gardien est au RSA avec un ou deux enfants et que l'autre parent travaille, ou au SMIC avec un seul enfant face à un parent au revenu médian ou moyen (jusqu'à 128 € par mois de moins que la méthode fine).
Elles sont nettement trop élevées à partir de 2 enfants dès que le parent ayant un droit de visite gagne plus que le revenu médian (la moitié de la population), sauf si le parent gardien est au RSA, jusqu'à 430 € par mois de plus que la méthode fine.
La méthode fine est plus basse que le barème dans la grande majorité des cas, et l'écart grandit avec le revenu du parent ayant un droit de visite et le nombre d'enfants, jusqu'à 430 € par mois. C'est l'effet du plafonnement du niveau de vie consommé et de la prise en compte des revenus du parent gardien, que le barème ignore.
Elle est plus haute lorsque le parent gardien a de faibles revenus : au RSA avec un ou deux enfants (de 3 à 128 € de plus), ou au SMIC avec un seul enfant face à un parent au revenu médian ou moyen (environ 20 € de plus). C'est la situation où le barème est trop bas pour les petits revenus.
Quand le parent ayant un droit de visite est au RSA, ou au SMIC face à un parent gardien aisé, aucune pension n'est due. Pendant les week-ends et les vacances, il assume déjà environ un quart de la vie courante des enfants, sans capacité contributive au-delà du minimum vital : sa contribution en nature suffit. Le barème, lui, réclame encore jusqu'à 248 € par mois à un parent au SMIC, ce qui explique la détresse de certains parents non gardiens aux très faibles revenus, qui n'ont pas un logement suffisant pour accueillir leurs enfants.
Les aides compensent les enfants surtout en bas de l'échelle. Par rapport à un parent sans enfant, deux enfants apportent environ 600 € de plus au RSA et au SMIC, 580 € au revenu médian, 360 € au revenu moyen et seulement 150 € en tranche aisée. Un premier enfant n'apporte presque rien au-delà du revenu moyen.
Le coût des enfants repose donc sur les revenus des parents dès le revenu médian. C'est précisément ce que la méthode fine répartit entre les deux parents à proportion de leurs capacités, alors que le barème applique un pourcentage identique à tous les niveaux de revenu.
Une partie de la pension peut être absorbée par les prestations. La pension alimentaire reçue compte dans les ressources prises en compte pour le RSA et la prime d'activité : pour un parent qui touche ces aides, chaque euro de pension peut réduire son allocation d'une partie de ce montant. Il est utile de le vérifier avec le simulateur de la CAF avant de renseigner le montant. Pour le dire autrement, une pension trop élevée peut faire baisser vos droits.
Défiscaliser les pensions serait une erreur. Supprimer la déduction de la pension pour le parent qui la verse reviendrait à l'imposer sur une somme qu'il ne perçoit pas, sans lui accorder les parts fiscales liées aux enfants : au-dessus du revenu médian, ce serait une injustice complète, qui aggraverait l'inéquité du barème actuel. Présentée comme une mesure sociale, cette défiscalisation profiterait surtout aux parents gardiens aux revenus élevés, dont le taux d'imposition est le plus fort, et ne résoudrait en rien le problème des parents qui ne paient pas leur pension. Cette loi est une arnaque sociale et de la démagogie politique qui n'a aucune rationalité.
Conclusion. Contrairement à une idée largement répandue, le système actuel des pensions alimentaires peut inciter certains parents à refuser la résidence alternée : la résidence principale des enfants apporte à la fois une pension, des parts fiscales et des prestations, soit un avantage financier et fiscal important. Le faible taux de résidence alternée en France, 12 % des enfants de parents séparés contre près de 50 % dans certains pays européens, en est l'un des signes.
Il est urgent de remettre l'intérêt des enfants au cœur de la justice familiale, en faisant de la résidence alternée la règle lorsque les deux parents sont en mesure de l'assurer, et en fixant des pensions équitables qui tiennent compte de toutes les ressources, du temps de garde réel et de la fiscalité.
Un tel calcul relève de l'économie et de la fiscalité bien plus que du droit : les juges aux affaires familiales n'ont ni la formation scientifique, ni le temps, ni les outils pour le mener au cas par cas. Le calcul de la pension devrait donc être automatisé, à l'aide d'outils transparents comme celui-ci, le juge gardant la main sur les situations particulières. Les décisions y gagneraient en cohérence et en prévisibilité, les décisions arbitraires disparaîtraient et les tribunaux seraient désengorgés.
Paramètres à jour au 1er octobre 2026 : RSA et AEEH (avril 2026), barème de l'impôt 2026 sur les revenus 2025, taux du Livret A (août 2026), données INSEE les plus récentes. À revoir chaque année.
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Nature des résultats. Les montants calculés sont des estimations indicatives, établies à partir des informations saisies et des paramètres publics cités dans la méthode. Ils ne constituent ni un conseil juridique ou fiscal, ni une décision de justice. Seul le juge aux affaires familiales fixe la contribution à l'entretien et à l'éducation des enfants. L'éditeur ne peut être tenu responsable de l'usage fait de ces estimations.
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